Rencontrer Jean Cardin, c’est écouter une partie de l’histoire administrative de Verdun que l’ingénieur a vécue au sein du personnel de la Ville et de l’Arrondissement, sous le règne des sept maires et mairesses qui se sont succédé depuis 1991.
Arrivé à Verdun à l’âge de 7 ans, il a fait ses études dans les écoles de Verdun. En 1991, le jeune ingénieur, qui a exercé quelque temps au sein de la firme Dessau à Laval, trouvait le trajet bien long depuis Verdun ; aussi il a eu l’idée d’envoyer son curriculum vitae à la ville de Verdun qui par bonheur l’a vite embauché.
Ayant une spécialisation en structures, son intérêt était d’exercer un rôle dans la construction des nouveaux ateliers municipaux de la rue Dupuis. Mais ce projet était malheureusement trop avancé et ses patrons de l’époque lui ont plutôt donné des responsabilités dans les travaux de réfection de la rue Wellington. On voulait transformer cette importante rue commerciale, notamment en élargissant les trottoirs et en enfouissant les fils.
Au cours des années suivantes, la multiplicité des chantiers a permis à Jean Cardin d’exercer dans différents domaines de la profession d’ingénieur municipal, dont les transports, la gestion des eaux, les bâtiments et les parcs.
Au cours de cette décennie 1990-2000, l’arrivée de l’informatique dans les villes a bousculé la façon de travailler. Il fallait maintenir la qualité de l’information tout en transformant la gestion des projets d’ingénierie en mode numérique.
L’annexion de Verdun à la Ville de Montréal en janvier 2002 a constitué un autre changement majeur qui a touché la gestion du personnel et la répartition des pouvoirs entre l’arrondissement et la ville-centre. Par exemple, l’administration des finances de Verdun doit tenir compte, depuis l’annexion, de la portion qui est gérée par la ville-centre.
En 1998, c’est Jean Cardin qui s’est vu confier la responsabilité de trouver de nouvelles façons de déneiger les rues de Verdun. Le gouvernement du Québec avait interdit les rejets de neige au fleuve et il fallait faire vite pour se conformer. C’est désormais 100 % des neiges ramassées dans l’arrondissement qui sont déversées « dans un trou ayant la grandeur d’un tapis de salon », comme il s’amuse à le décrire. C’était tout un changement.
Jean Cardin s’est par ailleurs inspiré de sa voisine, la ville de LaSalle, en dotant Verdun d’une signalisation dynamique pour informer les résidents et résidents des périodes de déneigement, évitant ainsi le coûteux et polluant processus d’installation de bavettes en bois utilisées à l’époque, remplacées depuis par des panneaux amovibles.
C’est en bonne partie grâce à Jean Cardin que l’arrondissement de Verdun s’est doté de carrefours giratoires en 2003, à une époque où ce genre d’aménagement était peu présent au Québec. Ces aménagements introduits à L’Île-des-Sœurs ont eu un effet positif sur la capacité et sur la sécurité routière en réduisant la vitesse et en limitant les risques d’accidents graves tout en assurant une circulation continue. Ceci sans compter les bénéfices environnementaux, telle la réduction du bruit et de la pollution de l’air.
L’eau, source de vie et hélas parfois source de problèmes lorsque cet élément essentiel crée des refoulements dans les maisons et parfois, des inondations dans les rues. Dès le milieu des années 1990, Verdun s’est doté d’un plan directeur visant à réduire ces risques. Suivant l’initiative des ingénieurs de l’époque, Jean Cardin et son équipe ont poursuivi la réalisation des infrastructures civiles pour réduire le volume des eaux de ruissellement en construisant des bassins de rétention et un réseau adapté aux pluies.
Il en va ainsi pour le développement d’infrastructures cyclables sécuritaires et des passages pour piétons et piétonnes. Jean est un adepte du vélo et il a adopté ce mode de transport alternatif pour se rendre au travail, estimant qu’un volet important de la population apprécie le transport actif.
Depuis son embauche à Verdun en 1991, Jean Cardin a travaillé avec de nombreux collègues ingénieurs, notamment France Bernard, Raymond Fréchette, Gilles Baril et Gaétan Laberge. Source d’inspiration et d’apprentissage pour Jean Cardin, ce quatuor d’ingénieurs a constitué un milieu exceptionnel de travail par la compétence et la camaraderie de l’équipe dont Verdun a su profiter. Actuellement, l’ingénieur Jean Cardin, dont le titre officiel est chef de la Division des études techniques, dirige depuis 2004, une équipe de 20 personnes, hautement compétente, la plus forte qui n’a jamais existé, selon ses termes.
Collaboration spéciale : Pierre Lussier et Jack Northon, Journal Explore Verdun-Île-des-Soeurs.
Vous vous êtes toujours demandé comment les travaux sur le territoire de Verdun étaient planifiés? Cette vidéo donne le micro à Jean Cardin, qui nous explique les facteurs déterminants dans le choix de reconstruire (ou réparer) un tronçon de rue à un moment donné plutôt qu'un autre.
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